Un point quand même

Samedi 8 décembre 2007
Un point quand même
A Leicester (Welford Road) - Leicester bat Stade Toulousain 14 à 9 (mi-temps: 8-6)
Temps pluvieux; pelouse grasse; 17.000 spectateurs environ; arbitrage de M. Owens (Galles)
Pour Leicester: 1 essai de Smith (12); 3 pénalités de Goode (28, 55, 72); transformations de.
Pour le Stade Toulousain: 2 pénalités de Courrent (8, 42); 1 drop de Courrent (40).
Leicester: Vesty ; Varndell, Hipkiss, Mauger, Smith ; (o) Goode, (m) Murphy ; Abraham, Crane, Corry (cap.) ; Deacon, Wentzen ; White, Kayser, Ayerza.
Stade Toulousain: Poitrenaud; Clerc, Jauzion (cap), Fritz (puis Kunavore, 62), Heymans; (o) Courrent, (m)Kelleher; Dusautoir, Sowerby, Nyanga (puis Bouilhou, 60); Albacete, Pelous (puis Millo, 56); Poux, Servat (puis Lacombe, 76), Human (puis Hasan, 70).

Après six succès de rang, le Stade Toulousain a connu ce samedi sa première défaite de la saison, sur la pelouse du champion d'Angleterre en titre. Au terme d'une rencontre jouée dans des conditions difficiles, les Rouge et Noir ont su arracher un point de bonus qui pourrait avoir son importance au final. La réception de cette même équipe de Leicester, dimanche au Stadium, revêt maintenant une importance capitale: il faudra que les Toulousains mettent tout en oeuvre pour non seulement s'imposer mais également faire en sorte de terminer devant les Anglais en cas d'égalité de points au final.
Guy Novès l'avait annoncé, les joueurs qui figuraient dans le groupe pour cette rencontre était "les  meilleurs du moment". On avait donc droit à une composition très classique, dans laquelle on relevait une charnière composée de Kelleher et Courrent, Elissalde étant sur le banc. Au couloir, Sowerby était logiquement titularisé en l'absence de Maka. Pato Albacete, après deux semaines de repos, était titulaire en deuxième ligne, avec Fabien Pelous. Chez les piliers, enfin, il n'y avait guère de surprise à voir Human et Poux débuter.

 

Une entame en fanfare

 

En dépit d'un temps typiquement britannique, les Toulousains tentaient d'envoyer du jeu dès les premières minutes. Une échappée de Nyanga sur une trentaine de mètres trouvait Jauzion en relais mais malheureusement, la passe de ce dernier ne trouvait pas Heymans, arrivé en renfort à hauteur des 22 mètres. Dommage, car l'opportunité était réelle. A la 4ème minute, les Stadistes confirmaient cette entame convaincante avec une séquence qui se déployait à l'aile, jusqu'à ce que Vincent Clerc soit projeté en touche.
Toulouse dominait, jouait le moindre ballon exploitable, et à la 7ème minute, une percée de Jauzion était poursuivie par Fritz. Le centre progressait sur plusieurs mètres mais n'assurait pas sa passe à Sowerby, et M. Owens sifflait justement un en-avant. Soixante secondes plus tard, les Toulousains étaient récompensés de leurs efforts, après une pénalité réussie par Courrent suite à une faute de la mêlée anglaise.
Les Rouge et Noir, visiblement en confiance, produisaient toujours autant de jeu, quitte à prendre des risques parfois inconsidérés. C'était d'abord Fritz qui tentait une relance en solitaire depuis ses 22, au milieu de pusieurs adversaires, mais qui s'en sortait superbement. La séquence suivante, après une touche rapidement jouée, conduisait à une perte de balle de Poitrenaud alors qu'il était au sol. Smith s'emparait du ballon et filait à l'essai.
Les coéquipiers de Yannick Jauzion se trouvaient menés au score, totalement contre le cours du jeu (3-5). Ragaillardis par leur essai, les joueurs de Leicester passaient la vitesse supérieure: une chandelle anglaise était mal réceptionnée par Poitrenaud, et il fallait un miracle (en l'occurrence une supériorité numérique évidente mal négociée par les Tigers) pour que cela n'aboutisse pas à un deuxième essai en quelques minutes. 
Si la tempête se calmait par la suite, les Stadistes ne parvenaient plus à imprégner du rythme comme en début de rencontre. Ils perdaient de plus quelques ballons intéressants en touche, et étaient sanctionnés à la 28ème minute suite à une position de hors-jeu de Vincent Clerc sur un regroupement. Goode passait la pénalité et donnait ainsi cinq points d'avance aux siens. Au vu de la physionomie des débats depuis un bon quart d'heure, il n'y avait d'ailleurs pas de quoi crier au scandale: les Toulousains perdaient trop de ballons "bêtement" et, surtout, se mettaient à faire des fautes.
Goode, depuis la ligne médiane, n'en profitait pas à la demi-heure de jeu, quand il voyait sa pénalité manquer de puissance. Le même Goode tentait un drop peu de temps avant la pause, mais le ballon passait très nettement à côté des poteaux.
Quelque peu malmenés, les Rouge et Noir mettaient le nez à la fenêtre à quelques secondes de la mi-temps: Clerc s'engouffrait dans un trou de souris et Toulouse, enfin, mettait la main sur le ballon. Courrent, servi à hauteur des 22, ajustait un drop parfait, un exercice dans lequel les Toulousains, décidément, excellent depuis le début de la saison.
C'est donc avec un retard de deux points que le Stade regagnait les vestiaires (6-8). S'il fallait avoir un regret au terme de ces quarante premières minutes, c'était celui de ne pas avoir plus sigificativement concrétisé le temps fort du début de rencontre. Pour le reste, à l'exception de quelques minutes très difficiles autour du quart d'heure de jeu, Toulouse avait plié mais pas rompu et plutôt pas mal mené son affaire.

 

Goode efficace

 

Bien dans le match à la reprise, Toulouse produisait une belle séquence, intitiée par une course de Clerc et poursuivie par des relais de Courrent et Jauzion. Courrent concluait l'action par une pénalité, suite à une faute anglaise sur un regroupement. Toulouse repassait devant (9-8), mais il était évidemment bien trop tôt pour s'enflammer, d'autant plus que Leicester prenait plutôt le jeu à son compte par la suite. La défense toulousaine, bien en place, repoussait efficacement les assauts anglais mais effectivement, il n'était pas encore l'heure de pavoiser.
Cette impression était confirmée à la 55ème minute, quand Goode passait une nouvelle pénalité, suite à une progression impressionnante de son paquet d'avants, qui contraignait Albacete à se mettre à la faute. Globalement, la possession était à l'avantage des Tigres, qui occupaient de surcroît efficacement le terrain grâce au jeu au pied puissant et précis de Goode. Toulouse subissait mais ne concédait pas de réelles occasions à son adversaire. De plus, les visiteurs jouaient chaque coup à fond, à l'image d'une superbe percée de Poitrenaud qui progressait sur une bonne trentaine de mètres, mais voyait sa passe à destination de Heymans, qui aurait pu être décisive, interceptée.
Aux alentours de la 67ème, Toulouse campait quelque temps dans le camp anglais. Mais les Stadistes tentaient peut-être un peu hâtivement deux drops, par Courrent puis Heymans, sans qu'aucun d'eux ne trouve la cible. A la 72ème minute, Leicester progressait sur plusieurs mètres grâce à un maul, un secteur dans lequel Toulouse avait connu des difficultés jusque-là. Le groupé-pénétrant était écroulé, et Goode ne se faisait pas prier pour passer un nouveau coup de pied (14-9). A trois minutes du terme, Heymans s'échappait sur son aile, donnait à Clerc qui aplatissait. La joie était de courte durée, car M. Owens refusait l'essai pour un en-avant préalable. Toulouse ne baissait pas les bras et monopolisait le ballon jusqu'au coup de sifflet final. En pure perte, et les Stadistes devaient se contenter du point de bonus défensif. Il faudra attendre une semaine pour connaître la valeur réelle de ce résultat, loin d'être infâmant au demeurant.