Histoire de quarts

Vendredi 10 avril 2009
Histoire de quarts

Dax-Stade, le 16 novembre 1997

 


A Dax - Stade Toulousain bat Dax 26 à 18 (mi-temps : 16-18)

Temps frais; pelouse grasse; 14.000 spectateurs environ; arbitrage de M. Thomas (Drôme-Ardèche).
Pour Dax : 2 essais de Mola (5, 24); 1 transformation et 2 pénalités (10, 29) de R. Dourthe.
Pour le Stade Toulousain : 2 essais de pénalisation (36) et Marfaing (52); 4 pénalités de Deylaud (2, 27) et Castaignède (39, 73); 2 transformations de Deylaud et Castaignède.
Dax : R. Dourthe; Mola (puis Duberger, 44), Giordani, Tauzin, Labeyrie; (o) Dubois, (m) Morlaes; Berek, Pelous (puis Dupleich, 50), Magne; Roumat (cap), Béraud (puis Pelous, 50); Laperne, Ibanez (puis Réchou, 69), Gouaillard (puis Rebeyrotte, 62).
Stade Toulousain : Ougier; Ntamack (cap), Marfaing, Castaignède, Berty; (o) Deylaud, (m) Cazalbou; Sonnes (puis Manent, 48), Dispagne, Lacroix; Belot, Miorin; Jordana, Soula, Califano.


Tenant du titre, le Stade Toulousain dispute sa deuxième Coupe d'Europe lors de la saison 1996-1997. A l'époque où les poules se composaient de cinq équipes mais ne s'affrontaient que sur un seul match, et non pas en aller-retour, les Rouge et Noir sont sortis deuxièmes et devront disputer leur quart de finale à l'extérieur. La terrible défaite face aux Wasps (17-77), qui reste à ce jour la plus importante jamais concédée par le club à l'échelle continentale, est passée par là.

A l'extérieur, donc, mais pas bien loin. C'est Dax, sorti de son groupe en compagnie de Bath, qui attend les coéquipiers de Christophe Deylaud. Dans les rangs landais, on reconnaît des joueurs passés par le club (Mola) ou d'autres qui, s'ils ne le savent pas encore, revêtiront dans un futur plus ou moins proche le maillot stadiste : Fabien Pelous et Jeff Dubois. D'autres noms (Dourthe, Roumat, Magne, Ibanez) illustrent bien la qualité de cette équipe, battue quelques semaines plus tôt  en championnat par la plus petite des marges (14-13), précisément à domicile, par les hommes de Novès.
Ugo Mola se rappelait aux souvenirs de ses anciens coéquipiers : l'ailier inscrivait un doublé sur deux exploits individuels, et son équipe prenait le large (18-3) à la demi-heure de jeu. La réponse toulousaine allait venir du pack, qui, par trois fois sur autant de pénalités jouées à la main, prenait le dessus sur son homologue adverse. L'arbitre, M. Thomas, accordait justement un essai de pénalité et le retard était quasiment comblé à la pause (16-18).
L'US Dax n'allait pas inscrire le moindre point en deuxième période. Pour autant, on n'osera pas écrire que le second acte allait être une promenade de santé pour les Stadistes. En raison d'un réalisme aux abonnés absents, les Haut-garonnais peinaient à prendre le large. On pense à des essais imparables, mais pourtant manqués : passe mal assurée de Castaignède à Ntamack alors que la voie est dégagée, Berty qui oublie Ougier dans un deux contre un d'école ou encore Marfaing repris in extremis par Duberger.
Heureusement, entre temps, le même Marfaing avait permis aux siens de prendre l'avantage. Un avantage, qui, grâce à la nette supériorité toulousaine à l'avant, n'allait pas être contesté. Les Rouge et Noir avaient gagné le droit de défier Leicester en demi-finale.

 

 

     
     
     


Ulster-Stade, le 12 décembre 1998



A Belfast (stade de Ravenhill). — Ulster bat Stade toulousain 15 à 13 (mi-temps : 9-0).
Arbitrage de Brian Campsall (Angleterre). 12.000 spectateurs.
Pour l'Ulster : Deux drops d'Humphreys (10e et 32e) ; trois pénalités de Mason (28e, 52e et 58e).
Pour le Stade Toulousain : Un essai de Pelous (67e) ; une transformation d'Ougier ; deux pénalités de Delaigue (46e et 62e)
Ulster :  Mason ; Coulter, McDowell (puis J. Cunningham, 11e), J. Bell, J. Cunningham (puis Park, 11e) ; (o) Humphreys (cap., puis B. Cunningham, 76e), (m) Matchett ; Ward (puis Topping, 48e), McWhirter, McKinty ; Longwell, Blair ; Irwin (puis Leslie, 55e), Clarke (puis Weir, 63e), Fitzpatrick.
Stade Toulousain : Ougier ; Garbajosa, Paillat (puis Desbrosse, 61e), Stensness, Marfaing ; (o) Delaigue, (m) Cazalbou (cap.) ; Labit, Dispagne (puis Pelous, 53e), Lacroix (puis Dispagne, 53e, puis Lièvremont, 69e) ; Belot, Pelous (puis Miorin, 53e) ; Jordana, Bru, Califano.

 
Cette saison-là, c'est la troisième fois, déjà, que les deux équipes se retrouvent. Ulster et Stade, en effet, se trouvaient dans le même groupe, et chacun l'a emporté à domicile (39-3 aux Sept Deniers pour Toulouse, 24-29 pour les Irlandais lors du match retour). Mais c'est bien l'Ulster qui a terminé en tête, gagnant le droit d'accueillir les Rouge et Noir pour ce quart de finale. La raison ? Une vilaine défaite concédée par ces derniers à Ebbw Vale, 11 à 19, alors qu'au match aller, les Toulousains avaient passé la barre des 100 points face à cette même équipe (108-16).

Disputée dans des conditions de jeu exécrables et sous les vivas d'un public déchaîné, les Stadistes allaient vivre une première mi-temps difficile. Quarante minutes durant, les Haut-Garonnais allaient défendre, défendre, et défendre encore. Le courage et l'abnégations, aussi admirables fussent-ils, n'allaient cependant pas masquer quelques insuffisances, notamment en touche. De précieuses munitions furent ainsi rendues à l'adversaire, lequel en profita pour accentuer sa pression.
A la pause, le coup était pourtant plus que jouable, grâce surtout à la maladresse de Mason, qui manquait quatre pénalités jouables.

Mais dans une rencontre aussi âpre, mieux vaut, on le sait, profiter de ses temps forts. Or, les Toulousains allaient camper de longues minutes dans les cinq mètres irlandais à la reprise. Pour rien ou presque (seule une pénalité de Delaigue récompensera leurs efforts).
Les hommes de Cazalbou reprirent pourtant espoir : d'abord avec un nouveau coup de pied de Delaigue, puis surtout, quand le pack fit enfin mouche sur maul pénétrant. Le score était de 15-13, il restait 13 minutes.
Malgré un formidable baroud d'honneur, auquel l'Ulster opposa une non moins admirable résistance, l'affaire en restait là. Marfaing, à l'ultime seconde, voyait son drop frôler les poteaux, pour finir à côté.