Guy Novès : « Le danger nous guette »

Monday 24 November 2014
Guy Novès : « Le danger nous guette »

Le Top 14 reprend cette semaine, on imagine l'équipe régénérée après ces vacances, malgré les internationaux sur le pont avec leur sélection nationale respective. De quels joueurs disposerez-vous ?

Les internationaux qui ont vraiment donné leur maximum durant cette tournée vont être laissés au repos de manière à se régénérer. Comme nous l'avions fait avant qu'ils ne partent, nous allons également le faire après pour respecter au mieux leurs santés et l'équipe de France. Cela concerne Thierry Dusautoir, Yoann Huget et Yoann Maestri. D'autant plus que pour ce dernier nous avons appris qu'il avait un soucis de santé qui pourrait déboucher sur une pubalgie. Nous allons essayer de le préserver.

Pour les autres, nous verrons au fur et à mesure de la semaine. C'est un peu tôt pour en parler. Mais il se peut que Census soit encore sollicité cette semaine.

Il faut relancer la machine après cette trêve qui a pu faire du bien, on peut même parler de reprendre le rythme, trouvé après vos six victoires consécutives.

Nous sommes conscients que le match du week-end contre Grenoble sera une rencontre compliquée quand on voit les performances de cette équipe ces dernières semaines, notamment leur capacité à se sublimer face aux grosses cylindrées. C'est un match qu'il va falloir préparer dans l'urgence, puisque nous n'avons que quelques jours pour le faire, mais en étant bien conscients que le danger nous guette.

Pensez-vous que cette pause était nécessaire pour les joueurs qui étaient sur une belle dynamique jusqu'au match contre l'UBB ?

Je pense en effet qu'elle était nécessaire. Il faut évaluer le niveau des joueurs depuis le début de saison et tout le travail qu'ils ont dû accomplir pour arriver au genre de résultat qu'ils ont réalisé à Bordeaux. C'était le moment de leur laisser quelques jours.

Qu'avez-vous pensé du match de l'équipe de France contre l'Argentine ?

Il ne faut pas résumer l'évaluation de l'équipe de France sur le seul match contre l'Argentine. De l'extérieur, j'ai le sentiment qu'il est arrivé à l'équipe de France ce qu'il peut arriver à n'importe quelle équipe qui a eu de très bons résultats, c'est-à-dire avoir un petit relâchement. Il a quelques fois une incidence énorme sur le résultat du match d'abord et surtout sur le comportement, ces fameux cinquante centimètres que l'on fait en moins après avoir battu les Australiens. Je pense que cela se paye cash. Pour ce qui est des explications techniques ou stratégiques, je les laisse aux spécialistes.

La rechute après les victoires, cela semble un schéma récurrent pour l' équipe de France. Faut-il s'en inquiéter ?

Cela ne m'inquiète pas plus que la rechute du Stade Toulousain qui a été suffisamment commentée. Nous avons eu plus de victoires que de défaites ces derniers temps mais nous savons que lorsqu'on est en réussite, la rechute nous guette.

Cette semaine de vacances pour les internationaux va être d'autant plus bénéfique pour Thierry Dusautoir qui en tant que capitaine a dû subir une certaine pression ?

Il a subi mais il a fait subir aussi ! Comme à ses coéquipiers, on lui doit une partie du résultat contre l'Australie. S'il ne met pas ce plaquage qui a fait subir l'Australien, le match pouvait nous échapper. Il a rempli son rôle. Je connais bien Thierry Dusautoir et je sais combien il s'implique dans ses équipes notamment en équipe de France. Je pense qu'il a, comme les autres, besoin de vacances et qu'elles arriveront au bon moment cette semaine.

Pour ce qui est du relâchement, peut-on dire qu'il s'agit d'un mal typiquement français ?

Il faut savoir raison garder. Je ne suis pas certain que cela soit lié aux Français, toutes les équipes gagnent et perdent. Les Anglais, favoris pour la prochaine Coupe du Monde, ont eux aussi essuyé des défaites dernièrement.

Le mal français est que nous attendons beaucoup de certaines équipes notamment de l'équipe de France. Cela met les hommes dans des conditions pas toujours favorables. Des explications il y en a, je ne vais pas m'aventurer là-dedans. Mais il est vrai que sur ce match-là, même si ce n'est pas un mal français, les Bleus ont peut-être préparé le match en pensant que cela allait être sympa.