Compte rendu

Match Stade Toulousain / Leinster

Les Toulousains ont ÚliminÚ le Leinster (26-16) en demi-finale de la Coupe d'Europe, se qualifiant pour la finale, qui aura lieu au stade de France, le 22 mai prochain.

A Toulouse (Stadium)  -Stade Toulousain bat Leinster 26 à 16  (mi-temps : 9-6)
Temps frais ; pelouse grasse ; 36.000 spectateurs environ ; Arbitrage de M. Owens (Galles)
Pour le Stade Toulousain : 2 essais de Jauzion (56), Skrela (60) ; 4 pénalités de Skrela (5, 17, 31, 71)  ; 2 transformations de Skrela (56, 60).
Pour le Leinster : 1 essai de Heaslip (66) ; 3 pénalités de Berne (32, 40) et Kirney (44) ;1  transformation de Berne (66).
Stade Toulousain : Poitrenaud - Clerc, Fritz, Jauzion, Heymans (puis Médard, 41)  - (o) Skrela (puis Elissalde, 73), (m) Kelleher - Sowerby (puis Picamoles, 72) - Dusautoir (cap), Bouilhou - Albacete, Millo-Chluski - Lecouls (puis Poux, 44), Servat (puis Lacombe, 73), Human (puis Montès, 71)
Leinster : Kearney - Horgan, O'Driscoll, D'Arcy, Nacewa - (o) Berne, (m) Reddan - Heaslip, Jennings, McLaughlin - Hines, Cullen (cap) - Wright, Fogarty, Healy.

 

Le Stade y est. En éliminant le Leinster, samedi au Stadium, les Toulousains se sont qualifiés pour la finale de la plus prestigieuse des compétitions européennes. Ils y affronteront, le 22 mai prochain, le vainqueur de l'autre demi-finale, opposant Biarritz au Munster. Ce sera la sixième finale continentale pour les hommes de Guy Novès, qui tenteront d'ajouter un nouveau titre à leur palmarès.

 

Berne répond à Skrela

Malgré les pluies continues qui s'étaient abattues sur Toulouse quelques heures avant le coup d'envoi, le Stade tentait d'envoyer du jeu en début de partie. En dépit de quelques chandelles, l'essentiel se jouait à la main, et permettait aux Rouge et Noir de s'installer dans le camp irlandais. Cela n'était pas en pure perte, car à la 4ème minute, Skrela ouvrait le score sur pénalité.

Mais cela n'allait pas suffire à rassurer les supporters toulousains : par la suite, les Irlandais dominaient territorialement, et se montraient même dangereux à quelques reprises. La défense stadiste s'en tirait jusque-là à bon compte, laissant passer l'orage. Mieux encore, peu avant le quart d'heure de jeu, la mêlée toulousaine, positionnée dans ses 22 mètres, emportait tout sur son passage, pour progresser d'une bonne dizaine de mètres.
Cela semblait sonner le réveil des Toulousains, qui repartaient de plus belle par la suite. Cela se concrétisait par un maul conquérant, sur lequel la défense du Leinster n'avait d'autre choix que de se mettre à la faute. Skrela doublait la mise, et son équipe menait de six points (6-0, 17ème).

Le Stade avait pris de l'avance, et le moins que l'on puisse dire est qu'il avait su faire preuve de réalisme. Car encore une fois, c'étaient bien les Irlandais qui reprenaient les affaires en mains par la suite. Mais la défense rouge et noire, hyper agressive, ne laissait pas un pouce de terrain aux offensives adverses. A  force de subir, Toulouse passait près de la correctionnelle, quand Reddan manquait d'aplatir dans l'en-but. Néanmoins, gêné par un retour de Clerc, il laissait échapper le cuit. L'alerte avait été (très) chaude.

Bref, globalement, les joueurs de la ville rose étaient dominés. Mais encore une fois, ils pouvaient se fier à leur pack et au réalisme de leur buteur. Suite à une mêlée à quarante mètres, le Leinster se mettait à la faute et Skrela, décidément impeccable, portait la marque à 9-0. Une avance qui mettait les locaux à l'abri d'un essai transformé, mais qui était hélas réduite quasiment dans la foulée, après une faute (sévère ?) convertie par Berne.

Les dernières minutes du premier acte allaient tourner à l'avantage du Stade. Mais, hélas, cela ne se convertissait pas au tableau d'affichage, malgré une pénalité obtenue mais manquée par Skrela, qui connaissait son premier échec de l'après-midi. Pire, le Leinster, pourtant sur un ballon au départ en possession des Stadistes, obtenait une pénalité, une nouvelle fois convertie. Les Rouge et Noir menaient 9-6 à la pause, mais il fallait être inconscient, à ce moment-là, pour penser que la qualification était acquise.

 

Jauzion force le verrou

La reprise intervenait sur un coup de tonnerre : décalé par Poitrenaud, Médard, entré en jeu à la place d'Heymans, tapait à suivre et grillait son vis-à-vis pour aplatir... apparemment en dehors des limites du terrain. L'essai n'était pas validé, en tout cas, par l'arbitre vidéo. Tout allait décidément très vite, car moins de soixante secondes plus tard, le Leinster obtenait une pénalité, depuis le milieu de terrain, réussie par Kirney. Les deux équipes étaient à égalité (9-9).

Comme en début de partie, l'emprise toulousaine sur mêlée fermée ne se démentait pas. Ainsi, suite à cette phase de jeu, les joueurs de Novès obtenaient une pénalité, délicate car tapée depuis près de cinquante mètres, mais manquée par Skrela. Le score n'évoluait pas, et si le Stade venait de manquer une opportunité de prendre les devants, son comportement, depuis la reprise, faisait plaisir à voir : Dominateurs, les coéquipiers de Thierry Dusautoir prenaient possession du camp adverse, et dominaient durablement, comme cela n'avait jamais été le cas depuis le début de la partie.

Galvanisés par un public en transe, les Stadistes allaient enfin marquer le premier essai de la partie : après une croisée entre Poitrenaud et Clerc qui manquait d'aller au bout, c'était finalement Jauzion qui s'extirpait d'un regroupement pour marquer, malgré le retour d'un défenseur. Skrela transformait, et Toulouse prenait le large (16-9). D'après ce que l'on voyait depuis l'entame de la seconde mi-temps, c'était amplement mérité.

Et cela n'allait pas s'arrêter là : moins de deux minutes plus tard, Skrela feintait et prenait le trou, pour filer seul à l'essai. Avec désormais 14 points d'avance, l'affaire commençait à prendre bonne tournure, même si, c'est bien connu, une équipe irlandaise ne baisse jamais la garde. Ainsi, Heaslip, à la conclusion d'une belle sautée, marquait en coin.

Le match, depuis quelques minutes, était devenu fou, et les occasions se succédaient. Clerc, bien servi par Poitrenaud, tapait à suivre et était à deux doigts d'aller derrière la ligne. La mêlée toulousaine, toujours aussi souveraine, obtenait pénalité sur pénalité. Sur l'une d'entre elles, Skrela tentait sa chance, et ne manquait pas ce coup de pied qui valait si cher (26-16, 71ème).

La suite, grâce au comportement exemplaire des Toulousains, n'allait être qu'une formalité. Installés dans les trente mètres irlandais, les Rouge et Noir se mettaient à l'abri d'un retour adverse. Ils tenaient leur finale.