Compte rendu

Match Stade Toulousain / Biarritz

Les Stadistes ont réalisé une excellente opération en s'imposant de justesse devant Biarritz, 23 à 19, lors de la 19ème journée du Top 14.

A Toulouse (Ernest Wallon) - Stade Toulousain bat Biarritz Olympique 23 à 19 (mi-temps : 13-13 )
Temps pluvieux ; belle grasse ; 19.000 spectateurs environ ; Arbitrage de M. Garcès (Béarn)
Pour le Stade Toulousain : 2 essais de Heymans (27), Doussain (70) ; 3 pénalités de Michalak (16, 31) et Bézy (75)  ;  2transformations de Michalak (27) et Bézy (70).
Pour Biarritz : 1 essai de Balshaw (12) ; 4 pénalités de Peyrelongue (2, 30, 55, 64) ; 1 transformation de Peyrelongue (12).
Stade Toulousain : Heymans - Delasau, Lamerat, Fritz, Caucaunibuca - (o) Michalak (puis Bézy, 56), (m) Vergallo (puis Doussain, 69)  ; Picamoles (puis Sowerby, 64), Lamboley (puis Nicolas, 54), Bouilhou - Albacete, Millo-Chluski -Lecouls (puis Montès, 62) , Lacombe (puis Basualdo, 54), Poux (puis Human, 54).
Biarritz : Haylett-Petty - Ngwenya, Bosch, Gimenez, Balshaw - (o) Peyrelongue, (m) Lesgourgues - R.Lakafia, Faure, Guyot - E.Lund, Roidot - Johnstone, Terrain, Coetze

Pour son deuxième match consécutif disputé sans ses internationaux, le Stade Toulousain a continué sur la lancée débutée à La Rochelle une semaine plus tôt. Victorieux du Biarritz Olympique lors de la 19ème journée du Top 14, les Rouge et Noir ont réalisé une excellente opération, en reléguant un peu plus loin au classement un concurrent direct dans la course à la qualification, et en consolidant leur place de leader.

Un Heymans de feu

Les Toulousains, dès l'entame, étaient sanctionnés dans leur camp après une relance de Cédric Heymans, finalement puni pour avoir gardé un ballon au sol. Face aux barres, Peyrelongue n'avait aucun mal à ouvrir le score. La réaction toulousaine ne tardait pas, et le XV rouge et noir campait dans les 22 adverses, jusqu'à ce qu'une belle percée de Lamerat ne constitue la première véritable escarmouche de la partie. Certes, la séquence n'allait pas au bout, mais le Stade était dans le match.

Les minutes défilaient, et le jeu restait cantonné dans les 22 biarrots. Les Toulousains se montraient inspirés et parfois dangereux. Hélas, sur un ballon cafouillé, Balshaw tapait à suivre depuis son camp et faisait la différence à la course, malgré Fritz à ses trousses. Le BO prenait le large (10-0).
Quelque peu sonnés par ce coup du sort, les locaux mettaient quelques instants à réagir. Mais, comme cela était le cas depuis le coup d'envoi, ils pouvaient compter sur une mêlée dominatrice. C'est sur cette phase de jeu qu'ils obtenaient une pénalité, réussie par Michalak (3-10, 16ème).

Dans des conditions de jeu plus que difficiles, en raison de la pluie continue qui tombait sur Ernest Wallon, le jeu avait du mal à s'envoler. Globalement, Toulouse dominait, mais sans se procurer de réelle opportunité.
Cela n'allait pas durer, car à la 27ème minute, Picamoles réalisait une superbe percée, fixait le dernier défenseur et donnait à Heymans, arrivé à toute vapeur pour aplatir. Toulouse, grâce à la transformation de Michalak, égalisait.

L'affaire, bien entendu, était très loin d'être gagnée, et la suite allait le confirmer. Si on ne pouvait pas reprocher aux Stadistes de manquer de volonté, ils peinaient à enchaîner les temps de jeu et rendaient trop de ballons à un BO qui n'en demandait pas tant. A la demi-heure de jeu, Peyrelongue, sur pénalité, ajoutait trois points au total de son équipe.

Michalak, très à son aise dans ses tentatives, égalisait pourtant en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, depuis la ligné médiane. Les choses n'allaient plus évoluer jusqu'à la pause, atteinte sur un score de parité. Tout restait ouvert, mais Toulouse allait devoir s'accrocher jusqu'au bout, dans une partie qui promettait de rester indécise jusqu'au bout.

 

Doussain le libérateur

C'est Toulouse qui démarrait le plus fort au retour des vestiaires, avec une jolie séquence initiée par un contre de Lamboley en touche et un coup de pied millimétré de Fritz dans le dos de la défense. Cela ne donnait rien au tableau d'affichage, mais l'occupation du terrain était clairement en faveur des coéquipiers de Jean Bouilhou.

Le temps passait, et si l'emprise stadiste sur les débats ne se démentait pas, aucune occasion de scorer n'était à signaler. Les Toulousains jetaient toutes leurs forces dans la bataille, mais leur jeu manquait de vitesse et de fluidité pour surprendre une défense basque bien en place. Biarritz, lui, allait marquer sur sa première incursion dans les trente mètres toulousains, après une relance cafouillée de la part des Rouge et Noir. Peyrelongue, de 25 mètres, faisait passer la marque à 16-13.

Désormais mené au score, le Stade repartait à l'attaque, mais, encore une fois, sans se montrer vraiment dangereux. Un drop de Bézy, entré à la place de Michalak, rasait le poteau et ne récompensait pas un temps fort des locaux. En face, Biarritz faisait preuve d'un réalisme en acier trempé et passait un nouveau coup de pied, par Peyrelongue...

Le sort du match semblait désormais inéluctable, car si les hommes de Guy Novès étaient loin de baisser les bras, en poursuivant leur domination, ils ne marquaient toujours pas. Pourtant, après un groupé-pénétrant incisif, une chandelle de Bézy filait dans l'en-but. La lutte aérienne était âpre, et on pensait qu'un Toulousain, en l'occurrence Doussain,  avait été capable de profiter du cafouillage pour marquer, enfin. M. Garcès avait recours à la vidéo, et validait, après de longues minutes d'incertitude.

Le Stade prenait l'avantage, d'un tout petit point. Les dix dernières minutes risquaient d'être irrespirables. Les Basques, menés, mettaient la main sur le ballon, mais restaient cantonnés aux alentours des quarante mètres adverses. Mais, passée ce petit orage, il fallait reconnaître que Toulouse gérait bien son affaire. A la 76ème, les pensionnaires des Sept Deniers obtenaient même une pénalité, réussie par Bézy. La marque passait à 23-19, ce qui semblait inespéré dix minutes plus tôt.

Plus rien n'allait être marqué jusqu'au coup de sifflet final. Comme à Marcel Deflandre une semaine plus tôt, les Toulousains avaient su aller chercher la victoire dans des conditions difficiles, sans jamais rien lâcher. Un succès acquis pour l'essentiel au mental, qui, décidément, n'est pas la moindre des vertus rouge et noire dans cette période internationale.