Compte rendu

Match Stade Toulousain / Albi

Les Toulousains ont très difficilement battu Albi (19-13) samedi à Ernest Wallon lors de la sixième journée du Top 14.

A Toulouse (Ernest Walon) - Stade Toulousain bat Albi 19 à 13 (mi-temps : 6-10 )
Beau temps ; belle pelouse ; 15.581 spectateurs environ ; arbitrage de M.Bonhoure (Languedoc)
Pour le Stade Toulousain : 1 essai d'Elissalde (50) ; 4 pénalités d'Elissalde (15, 21) et Michalak (43, 75) ; 1 transformation de Michalak (50) .
Pour Albi : 1 essai de Borges (22) ; 1 pénalité de Stewart (66) ; 1 transformation de Stewart (22).
Stade Toulousain : Jauzion - Swanepoel, David, Lamerat (puis Michalak, 41), Ahotaeiloa (puis Clerc, 50) - (o) Fritz, (m) ELissalde - Sowerby, Maka, Bouilhou (cap) - Maestri (puis Nyanga, 50), Ledevedec (puis Albaceten 41) - Johnston (puis Montès 53), Vernet-Basualdo (puis Lacombe, 23), Poux (puis Human, 50)
Albi : Laeyre ; Lakafia, Hecker, Denetre, Borges ; (o) Stewart, (m) Boulogne ; Misse (cap), Fourcade, Farani ; Vervoort, Correa ; Sua, Saby, Lafoy.
Carton jaune : Vervoort (45)

Après la défaite concédée dimanche à Clermont, le Stade est reparti de l'avant à l'occasion de la sixième journée du Top 14. La victoire obtenue sur Albi, en effet, permet aux Toulousains de consolider leur place dans le quatuor de tête du classement. Le staff, qui avait choisi d'aligner une équipe profondément remaniée, est sans doute satisfait du résultat mais moins de la manière, tant les choses ont été poussives. Se profilent deux échéances délicates : un déplacement à Toulon puis la réception du Stade français.

 

Très peu d'occasions toulousaines

 

Albi réalisait un début de match étonnant et jouait tous les coups à fond. Globalement, les visiteurs dominaient territorialement et il était assez logique de les voir ouvrir le score, à la sixième minute, sur une pénalité de Stewart. Pour le Stade, qui n'avait pas passé la ligne médiane ballon en mains depuis le coup d'envoi, il fallait réagir. Cela faillit être le cas soixante secondes plus tard, sur une percée plein champ de David. Alors qu'il était repris aux 22, le soutien tardait trop et le ballon était finalement perdu.

A la 10ème minute, Toulouse obtenait une pénalité, mais Fritz, qui tapait en lieu et place d'Elissalde, ne trouvait pas la cible. On pouvait le regretter, mais heureusement, le Stade était cette fois dans le match. On assistait ainsi à une belle combinaison entre Ahotaeiloa et Lamerat sur l'aile droite, avant que le jeu ne se déploie au large, où Finau Maka, en bonne position, oubliait ses coéquipiers alors que le décalage paraissait intéressant. Les efforts rouge et noir payaient cependant au quart d'heure de jeu, quand Elissalde débloquait le compteur des siens (3-3).

S'il fallait souligner le manque de réussite du buteur albigeois, qui ratait deux pénalités, c'est bien Toulouse qui prenait l'avantage à la 20ème minute, toujours par Elissalde. Mais cela ne durait pas : deux minutes plus tard, Stewart, en position de drop, choisissait un coup de pied de déplacement. Ahotaeiloa était le mieux placé pour s'en saisir, mais se loupait totalement. L'ailier du SCA se saisissait du cuir et marquait sans opposition.

Les affaires toulousaines semblaient alors mal engagées, car les hommes de Novès peinaient à réagir, ne se procuraient pas d'occasion et concédaient surtout trop de fautes. Stewart manquait deux coups de pied de rang et l'écart, heureusement, ne bougeait pas. Parfois, cela dit, les Rouge et Noir parvenaient à se procurer des opportunités intéressantes dans les 22 adverses, mais de mauvais choix, des imprécisions venaient gâcher ces mouvements.
A la 34ème, la plus belle occasion prenait la forme d'une charge de Lacombe, qui finissait dans l'en-but. La vidéo-arbitrage ne validait pas l'essai. La mêlée à cinq mètres consécutive ne permettait pas non plus d'aller à dame, mais la pression, incontestablement, n'avait jamais été aussi forte. C'était ensuite au tour de Maka d'échouer à moins d'un mètre, et cet interminable temps fort se terminait finalement après un en-avant de Johnston. La marque n'avait pas bougé, et cela n'allait pas être le cas jusqu'à la pause. Menés 6 à 10, les Stadistes devaient à tout prix réagir au cours du deuxième acte.

 

 

Elissalde, enfin !

 

Frédéric Michalak
, entré à la pause, prenait les affaires en mains à la reprise. Il perçait à plusieurs reprises le premier rideau défensif adverse, et dès la 43ème minute, il obtenait une pénalité, qui valait aussi un carton jaune à Vervoort. Il se chargeait lui-même de réduire le score, et l'écart à ce moment-là n'était plus que de un point. 
Tout n'était pas encore parfait, mais le Stade, au moins dans son comportement, était transfiguré. A la 47ème, à la conclusion d'une action interminable, Swanepoel aplatissait en coin. M. Bonhoure avait une nouvelle fois recours à l'arbitrage vidéo, mais comme un peu plus tôt, l'essai n'était pas accordé. Une minute plus tard, Elissalde jouait rapidement une pénalité à cinq mètres, mettait d'un crochet deux adversaires dans le vent, et marquait.

Albi, par la suite, était totalement asphyxié et passait son temps à défendre. Une pénal'touche, à la 58ème, aboutissait à un maul, qui s'écroulait dans l'en-but. Pour la troisième fois, l'arbitrage vidéo était sollicité, mais pour la même conclusion. La domination toulousaine était outrancière alors que les minutes défilaient, mais les Stadistes ne parvenaient pas à aller derrière la ligne : un peu par maladresse, mais aussi parce qu'Albi, fidèle à sa réputation, ne lâchait rien.

Le SCA, d'ailleurs, profitait de sa première incurson dans la camp toulousain depuis bien longtemps pour marquer trois points et ainsi rester à hauteur d'une pénalité (13-16, 66ème). Malgré quelques éclairs de Michalak, les Toulousains retombaient par la suite dans les travers entrevus lors de la première période : leur bonne volonté n'était pas à remettre en cause, mais le rugby délivré était décidément brouillon. Michalak, à la 75ème, réussissait une pénalité importante, et plus rien n'allait être marqué. Toulouse tenait sa victoire et Albi un point de bonus défensif qu'il était très loin d'avoir usurpé.