Compte rendu

Match Racing Metro 92 / Stade Toulousain

Après quatre victoires de rang, les Toulousains se sont inclinés face au Racing Métro (20-27) lors de la 11ème journée du Top 14.
A Paris (Yves du Manoir) - Racing bat Stade Toulousain 27 à 20  (mi-temps : 3-9)
Temps frais ; bonne pelouse ; Arbitrage de M. Péchambert (Périgord-Agenais)
Pour le Métro Racing : 2  essais de Wisniewski (49), Leo'o (58) ; 5 pénalités de Wisniewski (8, 15, 29, 47, 73) ; 1 transformation de Wisniewski (49).
Pour le Stade Toulousain : 2 essais de Servat (62), Lamboley (69) ; 2 pénalités de Michalak (40) et Elissalde (45) ; 2 transformations de Michalak (62, 69).
Métro Racing : Scarborough ; Bobo, Chavancy, Steyn, Vakaolo ; (o) Wisniewski, (m) Lorée ; Lane, Chabal, Leo'o ; Nallet (cap), Qovu ; Baiocco, Noirot, Smith.
Carton jaune : Vakaolo  (59)
Stade Toulousain : Médard - Clerc (puis Donguy, 41), David, Jauzion, Heymans (puis Fritz, 67) - (o) Michalak, (m) Elissalde (cap, puis Kelleher, 50) - Sowerby, (puis Maka, 62) Picamoles, Bouilhou (puis Aalbacete, 50) - Millo-Chluski, Lamboley - Johnston (puis Lecouls, 50), Lacombe (puis Servat, 60), Human (puis Poux, 60).
Carton jaune : Médard (48)

Après quatre victoires consécutives, toutes compétitions confondues, le Stade Toulousain n'a pas su conserver cette dynamique lors de la 11ème journée du Top 14. Les Rouge et Noir se sont en effet inclinés face à un Racing réaliste, après avoir longtemps donné l'impression de pouvoir s'imposer. Alors que l'affaire semblait pliée à l'heure de jeu, les Rouge et Noir ont su trouver les ressources nécessaires pour revenir dans le match et finalement arracher un point de bonus défensif. Reste qu'il faudra corriger le tir dans à peine cinq jours, avec la venue de Bourgoin, jeudi, à Ernest Wallon.
 
Le réalisme du Racing

Le début de partie, rythmé, voyait les deux équipes tenter beaucoup et était agréable à suivre. Le Racing dominait légèrement en terme de possession mais Toulouse était à deux doigts d'intercepter une passe parisienne par Michalak, qui commettait finalement un en-avant. Dommage, car dans le cas contraire, l'opportunité semblait intéressante.
Les débats avaient tendance à s'équilibrer, alors que l'on voyait autant de jeu et de relances de toutes parts. Le public avait notamment une belle occasion de s'enthousiasmer avec un plaquage tonitruant de Chabal, monté en pointe, sur Human. C'est finalement le Racing qui ouvrait le score, sur pénalité, après une position de hors-jeu de Michalak sur une mêlée aux trente mètres.

Toulouse, mené au score, répliquait quasiment immédiatement avec une offensive fulgurante à l'issue de laquelle Heymans tapait à suivre, mais ne pouvait récupérer le ballon en raison d'une obstruction, non sanctionnée par M. Péchambert. Quoi qu'il en soit, les deux formations se rendaient coup pour coup, et on se régalait devant les (bonnes) intentions des protagonistes.
Peu avant le quart d'heure de jeu, alors que Michalak avait tenté et réussi une superbe relance depuis ses 22, c'est Yannick Jauzion qui était pénalisé sur un regroupement. Wisniewski doublait la mise et donnait six points d'avance aux siens.

Le Stade, globalement, n'avait pas démérité depuis le coup d'envoi, mais avait concédé un peu "bêtement" deux pénalités et se trouvait mené au score par une équipe francilienne, qui, elle, avait fait preuve d'un froid réalisme. La situation était certes loin d'être compromise, mais il fallait à tout prix gommer ces indisciplines, d'autant plus qu'une troisième venait réduire à néant une offensive plutôt bien menée.
Mais, de façon générale, les Stadistes commençaient à développer un jeu debout qui créait des brèches dans la défense adverse. Les temps de jeu se multipliaient sur certaines séquences, mais les Parisiens tenaient bon, à l'image d'un superbe sauvetage du demi de mêlée Lorée, dans son en-but, après une chandelle astucieuse de Michalak.

A la 21ème, Toulouse manquait de débloquer son compteur, mais la pénalité de Michalak consécutive à une faute de Baiocco en mêlée, tapée face au vent de plus de quarante mètres, ne faisait pas mouche. La pression rouge et noire s'accentuait au fil des minutes, et Lorée, une nouvelle fois, jouait les pompiers de service après une passe à suivre de Clerc jusqu'aux cinq mètres. 
Le score n'évoluait pas, malgré les escarmouches toulousaines : d'une part parce que la défense du Racing était bien en place mais aussi en raison de quelques en-avants toulousains et de leur manque de réalisme (un drop de Michalak passait à droite des poteaux). En face, les Bleu et Blanc restaient à 100% de réussite, et Wisniewski ajoutait ainsi trois points après la première incursion de son équipe dans le camp stadiste depuis de longues minutes.

Dans la foulée, on assistait à une incroyable action toulousaine, partie des 22 et achevée à cinq mètres de l'en-but, sans toutefois aller à dame. On ne comptait plus le nombre de joueurs qui avaient touché la balle sur cette interminable séquence, finalement sans conséquence. Puis, Picamoles jouait rapidement une pénalité et tentait le coup en solitaire en partant à dix mètres, pour être stoppé devant la ligne. Le manque de réussite au pied se poursuivait malheureusement par la suite, avec une nouvelle pénalité manquée, cette fois par Elissalde. Au vu de la pression exercée par les visiteurs depuis plus de vingt minutes, il était difficile de croire que leur compteur soit toujours bloqué à zéro. Soixante secondes plus tard, Michalak, en situation difficile (40 mètres le long de la ligne),  ne connaissait pas plus de réussite.
La malédiction s'achevait à la dernière minute, quand Michalak convertissait la première pénalité de son équipe, et la pause était atteinte sur le score de 9-3. Si rien n'était perdu, il allait falloir cravacher pour inverser la tendance au cours du deuxième acte.
 
Servat redonne l'espoir

Le Stade se mettait en évidence dès le coup d'envoi, avec une impressionnante coquotte qui progressait sur une vingtaine de mètres. Le jeu se déployait au large où Michalak tentait un petit ballon dans le dos de la défense. Le coup était jouable, mais Lorée, encore lui, dégageait en catastrophe. Sur un nouveau maul conquérant, le Racing était contraint de se mettre à la faute moins de deux minutes plus tard, mais Michalak ne convertissait pas l'opportunité.
Aussi frustrante que soit la situation, il était rassurant de voir que l'emprise toulousaine sur les débats n'avait pas faibli après la pause. Elissalde ajoutait, de vingt mètres face aux poteaux, trois points au total de son équipe. C'était plus que mérité car depuis le retour des vestiaires, le Racing ne pouvait faire autre chose que défendre.

C'est au moment où l'on commençait à être optimiste que Maxime Médard écopait d'un carton jaune, pour un plaquage dangereux. Wisniewski, de surcroît, poursuivait son sans-faute et redonnait six points d'avance à son équipe. Les Parisiens, une fois de plus, scoraient sur leur première incursion dans les 50 mètres toulousains.
La double sanction ne tardait pas, et Wisniewski se trouvait à la conclusion d'une magnifique séquence partie d'une relance de Scarborough sur sa ligne des 22. En cinq minutes, la situation des hommes de Novès s'était considérablement dégradée. Cette (désagréable) impression se confirmait avant l'heure de jeu, sur un essai gag, avec une chandelle qui tombait sur l'épaule de Kelleher, gêné par Sowerby. Le ballon atterrissait dans les mains de Leo'o, qui n'en demandait pas tant pour filer entre les poteaux.

Médard entrait en jeu sur le coup d'envoi, et quelques instants plus tard, le Stade se retrouvait à son tour en situation de supériorité numérique, avec un carton infligé à Vakaolo pour un plaquage haut sur Heymans. Servat, à la conclusion d'une pénal'touche, s'extrayait d'un maul pour marquer, en force et en coin, le premier essai haut-garonnais. Il y avait encore des raisons d'y croire, et les coéquipiers de Yannick Jauzion partaient à l'abordage.
Après une mêlée et un départ au ras de Picamoles, David faisait parler sa puissance en se débarrassant de Bobo, puis en se jouant de Chabal, avant de servir Lamboley, qui marquait. Michalak transformait, et Toulouse revenait à quatre points (20-24).
A la 73ème , Médard était pénalisé pour avoir gardé un ballon au sol, et Wisniewski donnait un bol d'air frais aux Parisiens.
Malgré le baroud d'honneur toulousain, plus rien n'allait être marqué. Certes, Toulouse avait su revenir dans les vingt dernières minutes et prendre un bonus défensif qui semblait inespéré à l'heure de jeu, mais il y avait sans doute de quoi ramener beaucoup mieux de la capitale.